Sur les traces de Mamma Roma : Parcourir la Rome qui devient capitale

5 Oct 2026 | Italie, Itinéraires littéraires, Voyager en Italie

Le 20 septembre 1870, une brèche est ouverte dans les murailles de Rome, à quelques dizaines de mètres de Porta Pia. Les troupes du royaume d’Italie entrent dans la ville. Le pouvoir temporel des papes sur Rome prend fin et, l’année suivante, la ville devient officiellement capitale du royaume.

C’est à ce moment précis que Luca Di Fulvio situe Mamma Roma.

Pietro, Marta et Nella évoluent dans une Rome encore pontificale, tandis qu’autour d’eux s’annonce une transformation politique, sociale et urbaine considérable. La ville qu’ils connaissent ne disparaît pas en une nuit : elle est progressivement traversée de nouvelles avenues, de ministères, de quartiers et de bâtiments destinés à donner une capitale au jeune État italien.

Cette histoire reste étonnamment lisible lorsqu’on parcourt Rome aujourd’hui. Porta Pia conserve des traces des combats de 1870 ; via XX Settembre conduit vers les espaces où s’installent les ministères ; via Nazionale matérialise la volonté de créer de nouveaux axes ; l’Esquilin montre l’ampleur de l’expansion urbaine qui accompagne la nouvelle capitale.

Ce parcours permet de regarder Rome autrement : comme une ville ancienne dans laquelle une capitale moderne a dû trouver sa place.


→ Lire notre article consacré à Mamma Roma de Luca Di Fulvio


Avant de partir : la Rome du roman est celle d’un basculement

Quelques repères suffisent pour comprendre ce que l’on va chercher dans la ville.

Le royaume d’Italie est proclamé en 1861, mais Rome demeure sous l’autorité du pape Pie IX. Turin devient la première capitale du nouveau royaume, puis Florence lui succède en 1865.

Rome reste en dehors du nouvel État.

La situation change en 1870 lorsque la guerre franco-prussienne entraîne le retrait des troupes françaises qui protégeaient le pouvoir pontifical. Le 20 septembre, l’armée italienne attaque les défenses romaines et ouvre la célèbre brèche près de Porta Pia. Après le rattachement de Rome au royaume d’Italie, la ville devient officiellement capitale en 1871.

Le changement de statut crée presque immédiatement une question très concrète : comment transformer une ville pontificale en capitale administrative d’un État moderne ?

Dès septembre 1870, une commission est chargée d’étudier son agrandissement. Le premier plan régulateur est élaboré dans les années suivantes. Les ministères commencent à s’installer autour de via XX Settembre, via Nazionale prend forme, tandis que de nouveaux quartiers se développent notamment sur l’Esquilin et à Castro Pretorio.

C’est cette transition qui donne son fil conducteur à la promenade.


Le parcours en un regard

Distance indicative : environ 6 à 8 km selon les détours
Durée à pied : une journée tranquille, visites comprises
Départ : Porta Pia
Arrivée : Piazza Vittorio Emanuele II
Fil conducteur : de la frontière de la Rome pontificale aux nouveaux quartiers de la capitale

1 — Porta Pia

La limite de la Rome pontificale

2 — La brèche de Porta Pia

Le 20 septembre 1870 inscrit dans la ville

3 — Via XX Settembre

L’État italien prend place dans Rome

4 — Quirinal

Du palais des papes au palais du roi

5 — Via Nazionale

Créer un axe pour la nouvelle capitale

6 — Piazza della Repubblica et Termini

Une nouvelle entrée dans Rome

7 — Esquilin et Piazza Vittorio Emanuele II

Construire un quartier pour une capitale qui grandit

L’intérêt du parcours vient de cette progression. On commence devant une muraille qui délimitait une ville et l’on termine dans un quartier dont l’urbanisme raconte son expansion après 1870.


1. Porta Pia : commencer par la frontière

Il faut commencer ici parce que les murailles permettent de retrouver une réalité devenue difficile à percevoir dans la Rome contemporaine : en 1870, la ville possède encore une limite physique très lisible.

Porta Pia appartient aux murs d’Aurélien. Michel-Ange en avait conçu la façade intérieure au XVIe siècle pour Pie IV. Trois siècles plus tard, cette porte se retrouve associée à l’événement qui met fin à la souveraineté pontificale sur Rome.

Aujourd’hui, la circulation automobile et les constructions environnantes ont profondément changé le paysage. Il reste pourtant utile de regarder d’abord la porte et les murailles comme un ensemble plutôt que comme un monument isolé.

Elles permettaient de distinguer un dedans et un dehors.

Dans Mamma Roma, cette frontière possède nécessairement une dimension supplémentaire : Pietro, Marta et Nella vivent dans une ville dont l’ordre politique paraît ancien, mais dont les limites sont sur le point de perdre leur fonction.

Après la proclamation de Rome capitale, certaines parties des murailles seront d’ailleurs progressivement modifiées ou percées afin de faciliter les communications entre le centre historique et les nouveaux quartiers.

À regarder sur place : prenez suffisamment de recul pour observer la continuité des murailles avant de vous concentrer sur la porte. C’est l’échelle de l’ensemble qui permet de comprendre ce que signifiait encore une enceinte urbaine au XIXe siècle.

2. La brèche de Porta Pia : quelques dizaines de mètres qui changent l’histoire

Il faut ensuite marcher le long des murailles.

La brèche historique n’a pas été ouverte dans Porta Pia elle-même, mais à quelques dizaines de mètres de la porte. Le 20 septembre 1870, l’artillerie italienne attaque ce secteur avant que les troupes n’entrent dans Rome. Des monuments commémoratifs signalent aujourd’hui l’événement et des traces des combats demeurent visibles sur certaines parties des murailles et de la porte.

L’endroit est beaucoup moins spectaculaire que l’importance de l’événement pourrait le laisser imaginer.

C’est précisément ce qui le rend intéressant.

Une portion de mur, une avenue, la circulation quotidienne : le lieu historique est désormais absorbé par la ville contemporaine. Il faut savoir ce qui s’est passé pour comprendre ce que l’on regarde.

Dans le contexte de Mamma Roma, la brèche permet surtout de donner une réalité physique à la grande histoire qui traverse le roman. L’unification italienne cesse d’être une abstraction cartographique : elle passe littéralement à travers un mur.

Le Musée historique des Bersaglieri occupe aujourd’hui une partie de Porta Pia et rassemble des objets liés à l’histoire de ce corps militaire. Il peut compléter la promenade pour les lecteurs qui souhaitent approfondir la dimension militaire de la prise de Rome.

3. Via XX Settembre : quand l’État s’installe dans la ville

Depuis Porta Pia, prenez via XX Settembre en direction du centre.

Son nom suffit à rappeler la rupture de 1870.

Mais son intérêt dépasse la commémoration. Après l’installation de la capitale à Rome, le secteur compris entre Porta Pia et le Quirinal devient l’un des espaces privilégiés pour implanter les institutions du nouvel État.

Le choix est stratégique : il faut créer une capitale administrative capable d’accueillir ministères, fonctionnaires et services nationaux. Les premiers projets de la Rome italienne accordent donc une place importante à cet axe. Les ministères des Finances et de la Guerre participent notamment à cette transformation.

En descendant la rue, le regard peut ainsi changer d’échelle.

Porta Pia racontait la prise de la ville.

Via XX Settembre raconte ce que l’État fait de cette ville une fois qu’il y est entré.

Les bâtiments administratifs deviennent une manière d’affirmer matériellement le nouveau pouvoir.

C’est aussi l’une des dimensions que Mamma Roma permet d’approcher par la fiction : une révolution politique modifie les institutions, mais elle transforme également les lieux de travail, les déplacements et la composition sociale d’une ville.

Via XX Settembre à Rome, axe autour duquel s’installent des institutions du nouvel État italien après 1870.
Via XX Settembre, l’État inscrit dans la ville
Après 1870, cet axe devient l’un des secteurs où la nouvelle capitale accueille ministères et administrations du royaume d’Italie.

4. Le Quirinal : un palais change de pouvoir

Le parcours conduit naturellement vers le palais du Quirinal.

Le bâtiment existait évidemment bien avant l’unification. Résidence pontificale pendant plusieurs siècles, il change de fonction lorsque Rome rejoint le royaume d’Italie et devient résidence royale.

Le lieu offre donc une traduction particulièrement claire du basculement politique.

Le palais reste.

Le pouvoir qu’il représente change.

Cette continuité architecturale est intéressante pour lire la Rome de 1870. Une capitale ne se construit pas uniquement en édifiant des bâtiments neufs. Elle réaffecte aussi les lieux du pouvoir précédent.

Le Quirinal permet ainsi de percevoir quelque chose que le roman de Di Fulvio met constamment en jeu : l’ordre nouveau ne remplace pas instantanément l’ancien. Les deux se superposent, parfois dans les mêmes espaces.

Depuis la place, le panorama rappelle également combien Rome reste alors une ville dont la topographie, les palais, les églises et les ruines portent déjà plusieurs siècles de pouvoirs successifs.

L’Italie unifiée doit ajouter sa propre strate à toutes les précédentes.

5. Via Nazionale : tracer la capitale moderne

Depuis le secteur du Quirinal, rejoignez via Nazionale.

La différence avec les rues anciennes du centre est immédiatement perceptible. L’axe est large, relativement rectiligne et conçu pour faciliter la circulation à travers une ville appelée à grandir.

Après 1870, via Nazionale devient l’un des grands axes de la nouvelle Rome. Son développement participe à la connexion entre la gare, les nouveaux quartiers et le centre politique de la capitale. Les transformations de Castro Pretorio et des secteurs voisins s’accompagnent de la construction de palais administratifs, d’hôtels et de grandes voies caractéristiques de la Rome post-unitaire.

Marcher ici après les ruelles du centre permet de ressentir physiquement un changement de conception urbaine.

La ville pontificale s’était constituée par strates successives.

La nouvelle capitale doit aussi répondre à des fonctions administratives, démographiques et circulatoires.

La largeur d’une rue devient alors un document historique.

C’est l’un des principes les plus intéressants de cette promenade : plusieurs transformations essentielles de Rome ne sont pas signalées par une plaque. Elles se lisent dans la taille des îlots, l’alignement des façades, la largeur des voies et la répétition d’une architecture de la fin du XIXe siècle.

6. Piazza della Repubblica et Termini : une nouvelle porte d’entrée

Poursuivez vers Piazza della Repubblica, ancienne Piazza dell’Esedra.

La place actuelle prend forme à la fin du XIXe siècle. Ses bâtiments en hémicycle reprennent la courbe de l’exèdre des thermes de Dioclétien : un exemple remarquable de cette Rome où la ville nouvelle se construit littéralement sur la forme de la ville antique.

À proximité se trouve Termini.

Le chemin de fer était arrivé à Rome avant 1870, mais le statut de capitale donne à la gare une importance nouvelle. Fonctionnaires, parlementaires, entrepreneurs, ouvriers et familles arrivent désormais dans une ville qui doit accueillir les institutions du royaume.

C’est ici que la notion de « nouveaux Italiens » développée autour de Mamma Roma prend une dimension très concrète.

Rome devient un point de convergence.

Les habitants de la péninsule possèdent des langues locales, des histoires politiques et des appartenances régionales différentes. Désormais, certains viennent travailler pour les mêmes administrations, vivre dans les mêmes quartiers et participer à la construction de la même capitale.

La ville commence à changer parce que sa population change avec elle.

7. L’Esquilin : construire une ville pour ceux qui arrivent

Terminez la promenade en entrant dans l’Esquilin, jusqu’à Piazza Vittorio Emanuele II.

Le quartier permet de mesurer l’une des transformations les plus importantes provoquées par le nouveau statut de Rome.

Avant 1870, une partie de cette zone était encore occupée par de vastes villas et jardins. Avec Rome capitale, les terrains sont lotis et construits afin d’accueillir notamment les populations liées aux nouvelles fonctions administratives. Le plan de 1873 prévoit le développement de l’Esquilin et de Castro Pretorio.

L’architecture de la fin du XIXe siècle reste aujourd’hui très présente autour de Piazza Vittorio. Les grands immeubles à portiques témoignent de cette phase d’expansion urbaine.

La place elle-même est liée à la naissance de la nouvelle capitale et porte le nom de Victor-Emmanuel II, premier roi d’Italie.

C’est un excellent endroit pour terminer le parcours parce que la Rome contemporaine y ajoute une nouvelle couche à l’histoire.

L’Esquilin est aujourd’hui l’un des quartiers les plus cosmopolites de Rome. Des habitants venus de nombreux pays y vivent, travaillent et commercent.

La comparaison avec 1870 doit rester prudente : les migrations contemporaines n’ont évidemment ni les mêmes causes ni les mêmes conditions que les déplacements internes qui accompagnent la construction de la capitale italienne. Mais le quartier conserve cette fonction de territoire d’arrivée, où Rome continue à se transformer avec ceux qui viennent y vivre.

Pour un article inspiré de Mamma Roma, cette fin est particulièrement juste.

Le parcours commence par une muraille.

Il se termine dans un quartier construit lorsque Rome commence à déborder de cette ancienne limite.

Piazza Vittorio Emanuele II et les portiques de l’Esquilin, quartier développé avec l’expansion de Rome après 1870.
L’Esquilin, la capitale au-delà de ses anciennes limites
Le quartier se développe lorsque Rome doit loger une population croissante et assumer ses nouvelles fonctions de capitale. Piazza Vittorio en conserve encore aujourd’hui la grande échelle urbaine.

Ce que cette promenade change dans la lecture de Mamma Roma

Après avoir parcouru cet axe, la Rome de Luca Di Fulvio devient plus facile à situer.

On comprend mieux pourquoi 1870 constitue davantage qu’une date commode pour installer une aventure historique. La ville se trouve réellement entre deux formes.

À Porta Pia, la frontière de l’ancienne Rome existe encore.

Via XX Settembre matérialise l’installation du nouvel État.

Le Quirinal montre comment un lieu du pouvoir pontifical peut être repris par la monarchie.

Via Nazionale introduit une autre manière de circuler.

Termini accueille une population nouvelle.

L’Esquilin fournit des logements à une capitale qui grandit.

La transformation politique devient ainsi une transformation spatiale.

C’est aussi ce qui rapproche le territoire des personnages de Di Fulvio. Pietro, Marta et Nella cherchent à ne pas rester enfermés dans la place que leur naissance leur avait attribuée. Rome, autour d’eux, franchit elle aussi ses anciennes limites.

→ Revenir à Mamma Roma de Luca Di Fulvio

Conseils pour construire votre voyage autour de Mamma Roma

Parcours essentiel — une journée

Pour une première lecture de la ville, je privilégierais :

Porta Pia → brèche de Porta Pia → via XX Settembre → Quirinal → via Nazionale → Piazza della Repubblica → Esquilin → Piazza Vittorio Emanuele II

C’est le parcours le plus cohérent avec le roman : entrer par l’événement de 1870 puis suivre la fabrication progressive de la capitale.

Séjour approfondi — 2 à 3 jours

Une deuxième journée permettrait d’élargir la compréhension de cette Rome en transformation :

Jour 1 — La rupture de 1870
Porta Pia → via XX Settembre → Quirinal → via Nazionale → Termini → Esquilin

Jour 2 — La ville pontificale et ses pouvoirs
Centre historique → places et palais de la Rome papale → secteur du Vatican

Jour 3 — La capitale qui continue de se construire
nouveaux quartiers de la fin du XIXe siècle → rives du Tibre → observation des infrastructures et des architectures liées à Roma Capitale

Cette version approfondie permet de comparer plutôt que d’accumuler les monuments : Rome avant 1870, le basculement, puis la ville produite par son nouveau statut.

Une autre manière de regarder Rome

Rome encourage facilement une lecture verticale du temps.

Antiquité.

Moyen Âge.

Renaissance.

Baroque.

Les traces du XIXe siècle paraissent parfois modestes face au Colisée, au Panthéon ou aux palais pontificaux.

Pour comprendre l’Italie contemporaine, elles sont pourtant fondamentales.

Une avenue rectiligne, un ministère, un immeuble de l’Esquilin ou une ancienne portion de mur racontent la période où Rome doit devenir la capitale d’un pays qui vient lui-même d’être constitué.

C’est là que Mamma Roma apporte quelque chose au voyage.

Le roman attire l’attention sur une Rome située entre la ville monumentale que l’on visite spontanément et la capitale nationale que l’on considère aujourd’hui comme une évidence.

Informations pratiques

📍 Point de départ : Porta Pia
🏁 Arrivée conseillée : Piazza Vittorio Emanuele II
🚶 Distance : environ 6 à 8 km selon les détours
⏱️ Durée : une journée en prenant le temps d’observer et de visiter
🚇 Accès : le parcours reste facilement combinable avec les transports publics romains
👟 À pied : c’est le mode le plus pertinent pour percevoir les changements d’échelle entre murailles, rues anciennes, grands axes et quartiers postérieurs à 1870
🏛️ Visite complémentaire : le Musée historique des Bersaglieri se trouve à Porta Pia ; vérifiez ses conditions d’ouverture avant votre visite.
📅 Meilleures périodes : printemps et automne offrent généralement les conditions les plus agréables pour une longue marche urbaine
📖 À emporter : Mamma Roma de Luca Di Fulvio, ou quelques passages repérés avant le départ

Pour les informations pratiques actualisées sur Porta Pia et les sites du parcours, Turismo Roma constitue le point de départ le plus fiable.


Le livre qui a inspiré cet itinéraire littéraire

Couverture du livre Mamma Roma de Luca Di Fulvio.
Mamma Roma — Luca Di Fulvio
Dans la Rome de 1870, Pietro, Marta et Nella cherchent leur liberté tandis que la ville s’apprête à devenir la capitale d’une Italie encore en construction.

Prolonger le voyage

Lire Mamma Roma

Le roman reste le point de départ du parcours. Pietro, Marta et Nella donnent une dimension humaine à une transformation que les rues permettent ensuite de replacer dans l’espace.

→ Lire notre article consacré à Mamma Roma de Luca Di Fulvio

Comprendre le territoire italien

La transformation de Rome après 1870 montre combien l’unification politique a aussi remodelé les villes, les circulations et les rapports entre territoires.

→ Comprendre le territoire italien (dossier Poropango)

Les villes racontent l’Italie

Rome offre ici un exemple particulièrement fort de ce que cette série cherche à montrer : une ville ne raconte pas seulement son passé par ses monuments emblématiques, mais aussi par les fonctions qu’elle a dû apprendre à remplir.

→ Découvrir la série Les villes racontent l’Italie

Les Fiancés et Le Guépard

Pour prolonger cette lecture du Risorgimento, les deux romans permettent de changer de territoire et de perspective : Manzoni précède l’unification et contribue à son horizon culturel ; Lampedusa en observe les bouleversements depuis la Sicile.

→ Lire notre article sur Les Fiancés
→ Lire notre article sur Le Guépard


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